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« ILE FACTICE » A BREST

Publié par Sean O'Reil

Ile Factice,vu du canal rive droite - A sa base le mur en pierres sèches.

L’île Factice à Brest, une réalisation de la Marine (1803-2008)

A l’origine, île artificielle (appelée aussi La Digue) est située au centre de la Penfeld, entre deux canaux. Depuis 1945 le canal de la rive gauche a été comblé et transformé en chemin de service, au départ du parking public de l’anse Saupin (rue de Normandie, 1968).

Cette île artificielle créée de toute pièce par la Marine, séparée par deux canaux, constituait :

1) - une retenue d’eau dans le fond de la Penfeld pour la conservation des bois de construction en provenance de la forêt du Cranou ; ces bois étaient immergés verticalement dans la vase pour les protéger des tarets.

2) – une surface de stockage de 650 mètres de longueur et de 43 mètres de largeur sous hangars. Au XVIIIe siècle les bois de la marine étaient imparfaitement stockés dans l’anse du moulin à poudre, aujourd’hui comblée.

L’île factice avait été construite par les bagnards du port de Brest, de 1803 à 1818, sous la direction de M. Tarbé de Vauxclairs (Travaux Maritimes, à Brest de 1802 à 1808) puis Trouille son successeur (1808-1819). Cette entreprise avait été portée par Joseph Caffarelli (1760-1845) préfet maritime de Brest (1800-1810) qui soutînt ses ingénieurs contre leurs contradicteurs pour lesquels cette île était un obstacle, un danger pour le service des bateaux de meuniers utilisant la Penfeld. L’île avait été construite en pierres sèches - dont la base est encore visible aujourd’hui – rechargée, de 1800 à 1815, de déblais provenant des excavations de la cour du Magasin Général et autres lieux. On accédait par un chemin de halage construit sur la rive gauche, de 1809 à 1812, qui prenait son origine à l’arrière-garde du port.

1945 – Le canal de la rive gauche a été comblé par les remblais provenant de la reconstruction du centre de Brest.

2008 – Fermeture des ateliers bois de la direction des constructions et armements navals. En 2015 l’emprise désaffectée appartient toujours à la Marine et reste inaccessible ; seule une zone de stockage d’embarcations et de mise à l’eau est à la disposition de la ville de Brest.

Passage entre les rives de la Penfeld au niveau de l’île factice :

Liaison nord (ville de Brest) – Construction en 1989 sur la rive droite d’une passerelle piétonne de 25 mètres construite dans le cadre du plan vert de l’aménagement des rives de la Penfeld ; reconstruite en 2012, appelée « pont rouge » en raison de la couleur des tubulures décoratives (architecte Argouarch – entreprise Baume).

Liaison sud (marine) – Passerelle piétonne dite de la « digue » construite par la Marine en 1890 sur la rive gauche pour le service exclusif de la marine. Cette passerelle fut prolongée en 1899 jusqu’à la rive droite pour un service mixte, des brestois et de la marine, en échange, pour son entretien, d’une participation financière des communes limitrophes (Brest, Lambézellec et Saint-Pierre Quilbignon). Liaison sud (marine et civils) – service d’un bac entretenu par la Marine depuis un temps immémorial (jusqu’en 1897 ?) pour le passage à la « digue » des militaires et des civils entre les deux rives… Le service fut ensuite poursuivi par « l’administration » jusqu’en 1921 et au-delà ?

Aujourd’hui la liaison sud relie les quartiers de Bellevue (Brest II) et de la Cavale Blanche, via un « pont technique » routier (avenue de la Libération, 1977) – à l’instar de celui de Kervallon - doublé, en aval, d’un sentier piétonnier. L’île Factice est clôturée comme tout domaine « Marine » et de fait inaccessible hormis à la pointe nord (kayak club brestois).

Le "Pont Rouge" (2012).

Le "Pont Rouge" (2012).

« ILE FACTICE » A BREST