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LA CAVALE BLANCHE A BREST (1975-2015)

Publié le par François OLIER

Un quartier brestois à l’heureux parfum d’inachevé…

Après une balade sur les bords de Penfeld, je vous embarque à la découverte de la genèse du quartier de la Cavale Blanche. Je n’ose pas vous parler « d’Histoire du quartier », mais seulement de préciser, de mettre en ordre, quelques dates qui jalonnent sa jeune histoire. Dans mon titre j’indique l’année 1975, non qu’elle soit celle de la « création » du quartier, mais c’est celle du baptême des rues de la première tranche de la voirie… 29 septembre 1975 (délibérations du conseil municipal). Quarante ans ! l’occasion de se pencher sur les fonds baptismaux d’un quartier inachevé connu mondialement par l’hôpital éponyme construit de 1991 à 1996…à Langoulouarn.

Aux origines – Hameau d’une dizaine d’habitations portant le nom de « Cazac Ven" (1684, 1715) ou "Jument Blanche » (1690) , relevait aux XVIIe-XVIIIe siècles de la seigneurie du Chastel ; il se situait aux alentours de l’actuelle rue Ibsen. Le « village » était bordé à l’ouest - sur les « hauteurs de la Cavalle Blanche » [1790] - par la route de Recouvrance à Saint-Renan qui deviendra au XIXe siècle, la route de Guilers ; à l’est par la Penfeld ; au sud par le domaine de Kervallon et au nord par la chapelle-Jésus, au débouché d’un antique point de passage sur la Penfeld, donnant sur le chemin de Saint-Renan. La Chapelle-Jésus était elle-même adossée au terroir de Kerorven (auj. complexe sportif). Mon intention n’est pas aujourd’hui de vous faire partager des bribes d’histoire ancienne de ce terroir, mais de nous reporter à une époque contemporaine largement méconnue.

« La Cavale Blanche, Une qualité de vie » c’est par ce titre accrocheur d’une brochure, sans date, signée de Georges Lombard (1925-2010) ancien maire de Brest que je commence mon billet sur le quartier. Et bien, force est de constater que plus de quarante ans après, le titre a tenu ses promesses. En prévision de ce billet… j’interroge autour de moi, depuis plusieurs semaines… résidents et « passagers » que je balade et le constat est général : le quartier de La Cavale Blanche porte en lui – de prime abord - une réelle « qualité de vie ». Je ne m’étendrai pas sur le sujet, au risque de « fâcher » nos voisins des autres quartiers. Restons discrets comme à notre habitude. Et bien, croyez-moi sur parole, nous l’avons échappé belle.

Je me propose en quelques dates de tenter de vous présenter « la vraie » Cavale Blanche ou du moins ce qu’elle aurait dû être entre piscine olympique, mairie-annexe, patinoire, cimetière, tapis roulants urbains à la japonaise (Osaka, 1970), et j’en passe. Au lieu de cela nous sommes restés une réserve foncière urbanisée à la marge, voire considérée comme « une erreur » d’urbanisme. Brest III a vécu ! Ma Doué, quelle chance !

La Genèse

L’idée d’urbaniser VERS La Cavale Blanche pour « éclater » le Brest intra-muros d’avant-guerre est une idée ancienne déjà présente dans les projets (1929-1935) de l’architecte Georges Milineau (1878-1949), repris en 1943-1945 par Jean-Baptiste Mathon (1893-1971). Les constantes brestoises d’urbanisme sont alors posées : omniprésence de la Marine, franchissement de la Penfeld, absence de circulations médianes, attachement à la protection d’espaces boisés dans une ville entourée de fortifications…

1960-1980, en guise d’introduction – Naissance de la « zone à urbaniser en priorité » (ZUP) de Bellevue, confiée aux bons soins de l’architecte Henry Auffret (1919-2007). Les travaux de Brest II « la cité du Bonheur », sur 180 hectares, commencent après la construction du pont Robert Schuman (1963) alias pont du Bouguen, nécessaire au désenclavement du « Haut-Lambé » à Kerbernier. Brest II va se développer par à-coups, réussissant le pari d’une mixité sociale (50/50) entre logements HLM et privés. A l’horizon des années soixante-dix, se pose, malgré le défi architectural réussi, le problème de la densification de l’habitat (béton, absence d’espaces verts, attrait de la maison individuelle). Ce constat va servir de cheval de bataille à la gauche conquérante lors des élections de 1977… Combat qui sera mené tambour battant dans la ZUP de Bellevue contre la municipalité « béton », la municipalité centre-droit Lombard. Mais je m’éloigne de mon sujet – Après 1977 la gauche locale (municipalité Francis Le Blé, Union de la Gauche) gère l’existant et remodèle le visage du quartier - Exit la ZUP !

Après Brest II, voici Brest III La Cavale – Plus belle, plus grande encore, projet pharaonique de 550 hectares, dont la moitié est réservée à l’habitat (10 000 logements). Projet porté par la municipalité Lombard.

Brest III La Cavale Blanche (1966-1975), en quelques dates :

Acte 1 – La ZUP de La Cavale Blanche (1966-1967) – la « cité du Bonheur »… vers Brest III

18 juillet 1966 – le conseil municipal de Brest demande la création de la Zone à urbaniser en priorité de la Cavale Blanche (dite ZUP n°1, 292 hectares).

26 septembre 1966 – Pour mettre en œuvre ce grand défi, signature d’une convention entre la ville de Brest et la SEMAEB (société d’économie mixte pour l’aménagement et l’équipement de la Bretagne), créée en 1958.

Décembre 1966 – Projet de création d’une 2e ZUP à La Cavale Blanche étendue au Polygone-Arc’hantel, Questel, etc. (550 Ha)… Une nouvelle ville aux portes de la ville.

Mars-avril 1967 – Le Ministère de l’Equipement calme le jeu. Ajournement du projet. La ZUP de la Cavale Blanche n’est pas une priorité inscrite au Ve Plan d’aménagement du territoire (1966-1970), cette opération n’a « aucun caractère d’urgence » ; la ville doit différer le projet où tout le moins revoir sa copie. La SEMAEB propose de réaliser une ZUP à La Cavale de 1000/1500 logements – sur le petit pied - en s’appuyant sur des réseaux [routiers, eaux usées] existants que « cette utilisation saturerait d’ailleurs »... La SEMAEB signale par ailleurs que les zones d’attraction pour la construction de maisons individuelles sont à l’est, au Relecq-Kerhuon et à Guipavas et non sur la rive droite de la Penfeld.

Acte 2 – De la ZUP à la ZAC, via la ZAD de la Cavale Blanche – « Il n’est pas nécessaire de croire pour entreprendre[ou exproprier] » (d’après Guillaume le Taciturne).

25 août 1969 – Mai 1968 est passé par là, changement de gouvernement. Création de la zone d'aménagement différé de la Cavale Blanche (JORF, du 10 octobre 1969, p. 10260) qui va permettre de relancer le projet d’urbanisation, en procédant aux opérations d’acquisitions de terres… avec mise en œuvre du droit de préemption. Vaste sujet délicat entre tous et très polémique… cf. aujourd’hui la polémique sur la ZAD Notre-Dame-des-Landes vs Nantes.

27 août 1970 au 18 septembre 1970, conformément à l’arrêté préfectoral du 25 mai 1970 – enquête d’utilité publique. Avis favorable de la commission départementale des opérations immobilières et de l’architecture (10 février 1971). Arrêté du préfet du 23 février 1971 concernant les opérations d’acquisition de terrains (amiable, expropriation)… La SEMAEB va pouvoir déployer ses compétences.

27 mai 1971 – La ZAC chasse la ZAD : Arrêté de création de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de la Cavale qui se substitue à la ZUP… dont les textes réglementaires donnaient des démangeaisons aux promoteurs privés placés aux frontières délicates de la mixité sociale, entre l’Administration et des Propriétaires exigeants (cf. ZUP II).

Objectif revu à la baisse : 5900 logements en deux tranches (2900 et 3000) sur 292 hectares.

Point de situation (1970-1971) – Le projet est réduit mais toujours confié à Henry Auffret. La municipalité Lombard souhaite attribuer la moitié des logements aux constructions « individuelles » - traduire « privées» en 1970 ! L’objectif est clairement affiché, voire claironner et doit attirer promoteurs (Arc Gestion, Brosolo, Castors, Groupe Sauvage, Logis Breton, Nouveau Logis, Ruche Finistérienne, etc.) et candidats à l’accession à la propriété : 2500 logements en maisons individuelles, sur 130 hectares (19 logements/ha), tandis que les 3000 logements en « collectifs » s’étendront sur 40 hectares (75 logements/ha). C’est cette configuration qui verra le jour, dans ses grandes lignes.

25 septembre 1972 – concession de l’opération pour une durée de 12 ans à la SEMAEB et démarrage opérationnel effectif. – Acquisition des terrains d’un premier secteur de 60 hectares.

Acte 3 - « La Cavale Blanche, Une qualité de vie ». Rêve ou réalité ?

C’est le slogan de vente à destination des futurs acquéreurs. Il est temps de mettre le paquet à destination des « primo-accédants » alors plus intéressés par Le Relecq-Kerhuon/Guipavas. C’est aussi le credo du sénateur-maire Georges Lombard, en édito de la brochure déjà citée, qui expose sa « vision » du quartier ; lequel Georges Lombard, avocat-poète, fait appel pour l’occasion à Emile Verhaeren (1855-1916) pour porter La Cavale Blanche sur les fonts baptismaux. Pauvre Emile, le belge aux belles bacchantes, aujourd’hui bien oublié qui n’a pas trouvé rue à son nom dans ce beau quartier pourtant doté de nombre de poètes moins bien équipé que lui.

« La Cavale Blanche ? Trois mots qui auraient plu, à n’en pas douter, au poète des « Villes tentaculaires » et des « Campagnes hallucinées.» par l’ambition qu’ils expriment de voir les hommes mener - enfin le grand combat « des villes réconciliées ».

La Cavale Blanche ? C’est la ville retrouvant sa véritable fonction qui n’est pas seulement de «loger», de «permettre de circuler», de «travailler», mais est avant tout — spécialement, ambitieusement en notre époque où l’homme est mis en équation, en termes de rapport, de rendement — possibilité d’épanouissement. C’est l’amorce d’une urbanisation nouvelle jouant l’espace, les sites, la profondeur, tournant volontairement le dos à la concentration qui déshumanise, conduit à l'anonymat, rejetant les « sacro-saintes » règles de l’uniformité que les bulldozers appliquent en nivelant les sols, les constructeurs en répétant à l’infini les mêmes immeubles, les mêmes partis, les mêmes « cellules ».

La Cavale Blanche? C’est l’affirmation qu’il est possible, quoi que certains en disent, d’offrir aux hommes une « qualité de vie », l’expression d’un « art de vivre » respectant et reliant un passé de dignité, de traditions très belles, de vie intense, à un présent et à un futur qu’ils veulent marquer d’une même empreinte de foi, d’une même empreinte de dignité et de volonté. (…) Georges Lombard, sénateur-maire de Brest

Fermez le ban !

1973 – Mise en chantier du 1er village autour de la place Jack London.

A ce niveau de mon modeste billet, Il est grand temps de parler de l’organisation de l’espace qui oscillera entre rêve et réalité. Vous m’avez compris, Brest III c’est beaucoup de rêve…

Organisation : A l’origine quatre zones pavillonnaires, classées A, B, C, D (Kervallon, La Cavale-Blanche, Langoulouarn, Kerorven, Mesnos, Le Vern, etc. jusqu’aux limites de Fort de Penfeld/Pont-Cabioch/Keranroux/Saint-Pierre) auxquelles s’ajoute une zone d’habitat collectif dominé par le Polygone-Butte – classé H - qui se présentera dans le projet Auffret « tel un navire se détachant sur l’horizon ». Ce dernier secteur sera volontairement densifié. A terme, pour l’ensemble : 572 hectares, 12 000 logements sur 10 ans…

Cavale-Blanche... L'urbanisme en fleurs. Projet Henry Auffret.

Cavale-Blanche... L'urbanisme en fleurs. Projet Henry Auffret.

Le Polygone-Butte « tel un navire se détachant sur l’horizon »...

Le Polygone-Butte « tel un navire se détachant sur l’horizon »...

La zone pavillonnaire type du projet Auffret s’organise en « hameaux » de 20 habitations groupées autour d’une placette (en forme de fleur…). Les groupes de hameaux forment des « villages » (5 hectares, 100 habitations, 500 personnes environ avec un environnement commercial et administratif appelé « centre-vie »). Plusieurs villages forment un « secteur » de 2000 logements individuels ou semi-collectifs, etc.

Dans la réalité, seule la zone pavillonnaire « A » est mise rapidement en chantier, avec un centre de vie quasi-complet réalisé autour de la place Jack London

(rue Byron, rue Cervantès, rue Dante, rue Donatello, rue Goethe, rue Ibsen, rue Kipling, rue Michel-Ange, rue Pirandello, rue Shakespeare).

D’autres hameaux verront le jour durant la décennie suivante, mais aucun n’atteindra le cap du village-type avec « centre de vie ». Il est vrai que la barre était placée haut. Petite relecture du projet Auffret sur le centre-vie de secteur (auj. « centre-vie » place Jack London). Le secteur A est inclus dans un cadre bordé aujourd’hui par Kervallon, la salle Arena, Coat-Tan, Eole, rues Bach puis Kant, le centre sportif, le pont technique sur la Penfeld. Où se retrouvent logements individuels et semi-collectifs.

Acte 4 - Séquence émotion : le centre-vie de la zone A (Place J. London), d’après une fiche descriptive d’Henry Auffret (février 1973)

Vous avez goûté au rêve. Maintenant vous allez toucher du doigt la réalité, la réalité des promesses urbanistiques, méli-mélo de rêves d’architectes et de choix d’édiles. Amis de la Cavale-Blanche, secteur A, préparez vos mouchoirs :

L’on accède au centre-vie, via une « résille » de cheminements piétonniers ; seule une voie permet l’accès aux véhicules (cul de sac).

La place Jack London sera ultérieurement désenclavée par l’ouverture de la rue Pradère-Niquet – oh pardon ! Alexandre-Onézime Pradère-Niquet, mondialement connu pour son « guide du touriste » de Brest (1889).

 

En position centrale : la place du village susceptible de servir de place de marché ou de fête foraine. Cette place permet l’accès à l’école primaire, à sa maternelle, au foyer des personnes âgées, au centre commercial, à l’église, à la bibliothèque, à la piscine... On y trouve : arrêt d’autobus, téléphone public, œuvre d’art décorative, bassins et aires de stationnement.

Le groupe scolaire (12 classes primaires et 4 classes maternelles) organisé en quatre espaces pédagogiques articulés autour d’un préau et d’espaces banalisés servant de rue intérieure et de galerie. La population peut y accéder en dehors des activités scolaires (préau, réfectoire, ateliers).

Une galerie couverte rejoint le centre commercial, la piscine couverte et le groupe scolaire.

Un foyer de personnes âgées (86 chambres), contigu à l’école, au centre commercial et à un centre de soins.

Un centre commercial, avec galerie couverte (supérette de 430 m2 et une dizaine de boutiques, sur deux niveaux) permettant dans son proche environnement l’accueil de locaux associatifs, bibliothèque, mairie-annexe, club de jeunes, piscine 10x15, bâtiment pour le culte « dont le clocher indépendant sera le signal du village ». A l’étage du centre commercial, des logements et des cabinets de médecins, infirmiers, dentistes peuvent s' installer.

Henry Auffret concluait sa fiche descriptive par ces quelques phrases : « (…) La place du Village, abritée et fermée par ses différents éléments, deviendra un lieu animé et recherché par la population. Les habitants y trouveront, rassemblés dans un cadre attractif et à l'échelle de l'homme, les équipements culturels, sportifs et commerciaux qui leur permettront de participer activement à l'animation de leur Village et de découvrir, ou redécouvrir, une certaine "qualité de vie." – Henry Auffret, 28 février 1973 ».

Je pourrais multiplier les descriptions ; mais exit le cimetière-parc de l’Arch’Hantel, sur le modèle des parcs-jardins américains, exit la collecte pneumatique des ordures, exit le bureau postal. Mais aussi exit la rocade à travers Kervallon et rien que cela, ça vaut tous les rêves.

Le centre-vie  de la Cavale-Blanche... du rêve à la réalité !

Le centre-vie de la Cavale-Blanche... du rêve à la réalité !

La ZAC 1 de la Cavale-Blanche enserrée dans sa rocade. Cherchez l'erreur...

La ZAC 1 de la Cavale-Blanche enserrée dans sa rocade. Cherchez l'erreur...

Acte 5 – Vive le statu quo !

Je me suis laissé emporter. Les quelques dates se sont transformées en longues digressions qui pourraient encore se multiplier. Il est temps de m’arrêter là ; mon propos initial ne traitait-il pas de la « genèse » de Brest-La Cavale Blanche ? J’arrive donc au terme de ma présentation. Encore quelques dates.

1er janvier 1974 – création de la communauté urbaine de Brest. La ZAC relève de sa compétence.

25 septembre 1976 – transformation de la ZAC initiale, en 3 ZAC (arrêtés ministériels du 26 octobre 1976) : ZAC 1 (2476 logements sur 120 hectares) ; ZAC 2 (centre hospitalier régional, 39 hectares) ; ZAC 3 (2050 logements). Cette dernière ZAC sera supprimée le 1er juin 1978, mais il est vrai que la politique est passée par là… et que l’opération « Cavale-Blanche » et sa "sous-densification immobilière" au bénéfice quasi-exclusif de propriétaires privés est aux antipodes - pour être poli - du nouveau programme municipal (Gauche unie). L’on pourrait poursuivre sur les transformations des projets initiaux, sur la nouvelle « ZAC multisite » Kervallon-Polygone, de 34 hectares (1980, modifié 1982, 1985), prolongée « presque » sans fin, jusqu’en 1997 et j’en passe des PUD, POS, PAZ, SDAU, etc. Un grand méli-mélo qui nous éloigne de la ZAC 1 de la Cavale-Blanche créée le 27 mai 1971 et qui sera supprimée après délibérations du conseil municipal de la ville de Brest le 9 décembre 2011. Heureux ceux qui s’y retrouveront au siècle prochain dans ce fatras d'acronymes.

Laissons le dernier mot - ou presque - à Milo Verhaeren, La ville :

Brest "(…) C'est la ville tentaculaire,

La pieuvre ardente et l'ossuaire

Et la carcasse solennelle.

Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini

Vers elle »

et s’en reviennent à la Cavale-Blanche, par Kervallon.

Sources : Archives municipales de Brest - Centre de recherches bretonnes et celtiques de Brest - Le Télégramme de Brest.

LA CAVALE BLANCHE A BREST (1975-2015)

A PROPOS DU TOPONYME "CAVALE BLANCHE"...

Je propose ces quelques éléments puisés aux "meilleures sources" pour aborder le sujet des passionnantes origines du toponyme "La Cavale Blanche" :
Dans l'ouvrage sur Recouvrance (Amis de Recouvrance, 1988, p. 192), l'historien Bernard Tanguy précise que le lieu-dit figure sur les aveux de la seigneurie du Chastel sous le nom de « Cazac Ven » (1684, 1715). Première traduction française du toponyme : "Jument-Blanche" (1690), attestée depuis 1776.

Pour ma part je vous propose ces deux légendes relevées sur des plans de Brest :
- "Jument blanche" sur le plan Robelin du 3 novembre 1723 (SHD Vincennes, fonds Nivart, Ms. 144-215) et
- "La Cavalle Blanche" sur le plan Desandrouins de 1790 (Arch. mun. Brest).
et ces relevés de registres paroissiaux (Quilbignon, paroisse Saint-Pierre, en ligne, aux archives municipales de Brest), parmi d'autres :
- "Cazec Ven" (GG/P3, Sépultures, 22 nov. 1714, Morvan, fol. 8v) ; ou "au Casec Ven" (GG/P7, Sépultures, 21 février 1718, L'Ospital, fol. 14r), etc.
- "Jumans Blanche" (GG/P9, Baptême, 6 nov. 1719, Le Normand, fol. 9r).
- "du lieu de la Cavale Blanche" (GG/P23, Baptême, 13 octobre 1776, Vaillant, fol. 18v).

Tous ces relevés tendent à confirmer la fenêtre de datation de Bernard Tanguy pour "Jument-Blanche". Quant à "Cavale Blanche", la borne que je propose aujourd'hui : (1776-1790) permet de donner, en l'absence d'autres références d'archives notariales, un certain crédit à la cavale "loupée" des bagnards qui ont fréquenté le bagne de Brest de 1749 à 1858... explication proposée par Irène Frachon dans son livre Médiator 150mg...

Mise à jour : 13 juillet 2017

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