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OUVRAGE A CORNE DE QUELIVERZAN, BREST

Publié par Sean O'Reil

OUVRAGE A CORNE DE QUELIVERZAN, BREST

Balade « sur » les remparts de Quéliverzan, 2016

Retour sur le passé brestois avec ces quelques photos des fortifications de Quéliverzan, régulièrement traversées par les « brestois en balade ». Pour ma part je ne fais pas exception et je l’ai intégré dans mon circuit de balade qui débute aux Capucins (station de tramway) - cf. fiche-circuit, PDF -

OUVRAGE A CORNE DE QUELIVERZAN, BREST

Ce territoire brestois resté « relativement » sauvage vit ses derniers jours. Le vent de l’urbanisation qui souffle des Capucins trouvera bientôt sa prolongation au pied des tours de Quéliverzan et tout au long de la route provisoire des Capucins et de la nouvelle enceinte de l’arsenal. La zone « haute » de « Quéli » - y compris l’îlot « en cul-de-sac » du GESMA est en passe de perdre son superbe isolement protecteur. Il suffit aujourd’hui de longer l’ancien mur d’enceinte de l’arsenal, récemment « ouvert » à coup de masse, (au niveau de la borne Marine 42) par des tagueurs et autres oiseaux de nuit, pour mesurer ce qui nous attend : de nouveaux territoires à découvrir et à s’approprier à l’instar du no man’s land de l’arrière-garde. Mais revenons à notre ouvrage à corne…

OUVRAGE A CORNE DE QUELIVERZAN, BREST

Le dégagement du rempart de Quéliverzan (300 mètres linéaires environ) est récent ; il remonte aux années 2003-2004 (état des lieux, déc. 2001) et découle de la volonté de la ville de redécouvrir son passé et ses fortifications. Cette opération prolongeait l’essai réussi des « fortifs » autour du monument aux morts (B. Huet, 1995-1999) et de la géniale « Ligne Bleue » de G. Magadur (2000). Une manière de thérapie à bas coût en quelque sorte pour conjurer nombre de dénis urbains de l’Après-guerre. Ce réaménagement des anciennes « fortifs », élément survivant du bastion de Quéliverzan, aujourd’hui enterré sous les « tours Lopez », imposa le nettoyage du fossé, de la courtine, des parapets et l’enlèvement de 15 à 20 000 m3 de déblais… L’objectif était d’établir un « itinéraire pédagogique » dans le passé de Brest, entre Capucins et Kervallon devenu « Porte des bords de Penfeld » ; de désenclaver Recouvrance via un "parcours vert". Aujourd’hui on y est presque… et cela en dépit des accidents de parcours (à l’exemple du mystérieux incendie de la « maison du Corsaire », Kervallon 2007). Il reste tant à faire sur la rive droite que « Quéli » devra encore attendre. C’est le prix de l’héritage des friches urbaines de la Marine. Mais cela reste, j’en suis sûr, un trésor pour l’avenir patrimonial de Brest dans le cas – bien heureux - où le gang des « Royal-Bétonneurs » reste tenu en bride par les édiles. C’est pas gagné ! Mais revenons à notre ouvrage à corne…

OUVRAGE A CORNE DE QUELIVERZAN, BREST

Notice historique succincte :

Mots-clés des descriptifs des plans (1788-1790) : Demi-bastion gauche de Quéliverzan - Demi-bastion droit de Quéliverzan - Mur crénelé et épi de Quéliverzan.

Dès 1764, Pierre Filey de la Côte (1695-1779), lieutenant général du corps royal du Génie, proposa dans un rapport qui fit date, la création d’un ouvrage fortifié tant à Quéliverzan, qu’au Bouguen et à la « Carrière du [de] Pape » (auj. hôpital Morvan). Son projet destiné à assurer la fermeture du port en amont de la Penfeld et la protection des « hauts » brestois restés exposés depuis Vauban, fut mis en œuvre en 1775-1776. Mais dès 1772, des travaux préparatoires furent entrepris extra-muros, en-deçà du Carpont, et nécessitèrent l’expropriation et la destruction de fermes à "Quellivarza" par le Génie militaire. Le projet de Filley (ingénieur « biffin » décrié à Brest par le "Génie de la Royale ») fut poursuivi et mené à bien par les ingénieurs Louis-Lazare Dajot (1717-1786) et Pierre de Caux (1720-1792). En définitive ces fortifications se révélèrent bien inutiles et ne servirent d’obstacles, qu’en septembre 1944, pour ralentir l’avancée… des troupes américaines.

Sources : Lecuillier (dir.), Les Fortifications de la rade de Brest, PUR, Rennes, 2011, 394 p. – Arch. dép. Finistère, B 2041 (expropriation Poullaouec) – Arch. Mun. Brest, biblio, URB/b/0116 et URB/b/0216 (2001), avant-projet Le Rest ; 2S 27/8 (1788), fonds Langeron.