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ILE DE SEIN, 1809

Publié le par Sean O'Reil

ILE DE SEIN, 1809

« Un monceau de cailloux habité par quatre cens vingt huit individus… »

« Copie de la lettre du maire de l’isle des [Seins] à M. le commissaire général de police à Brest, en date du 20 décembre 1809.

Monsieur le Commissaire Général

Je ne puis sans verser des larmes vous faire un raccourci de la triste situation où se trouvent dans ce moment terrible les malheureux habitans de cette isle.

Représentez-vous, Monsieur, un monceau de cailloux habité par quatre cens vingt huit individus menacés de tous côtés par une mer horrible qui représente la mort la plus affreuse, une inondation totale ; les nuits, la digue et le quai sont ravagés de distance en distance par les vagues ; le jour nous sommes tous occupés à les restaurer ; les femmes mêmes se joignent aux hommes pour accélérer l’ouvrage ; quel triste séjour, le fracas du tonnère mêlé au bruit terrible des vagues font frémir l’âme la plus intrépide ; il n’y a pas sous le globe un azile plus affreux ; la majeure partie des habitans dans ce moment n’ont que des pommes de terre sans poisson ; il y a un mois que nous n’avons pu fréquenter Audierne seul port d’où nous retirons notre subsistance.

Nous nous croyons soulagés en vous portant nos plaintes persuadés que l’objet le plus proche de votre cœur est de subvenir aux besoins des malheureux abandonnés.

J’ai l’honneur de vous saluer très respectueusement. Votre serviteur – signé : P. Thymeur. Pour copie conforme, le commissaire général de police : Chépy ».

Source : SHD Marine Brest, 2A 58, 21, décembre 1809 – et : http://www.mairie-iledesein.com/docs_pdf/Sein_livre1_MB.pdf

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