Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

LES « LEGENDAIRES BANDES DE SCHILL » AU BAGNE DE BREST (1810-1811)

Publié le par Sean O'Reil et Patrick Petit

Le major Von Schill - Source : BNF-Gallica
Le major Von Schill - Source : BNF-Gallica

Brest-Pontanézen en marge de l’épopée impériale

J’ai entendu récemment lors d’une balade urbaine notre guide relater la très riche histoire de Pontanézen et la situer avantageusement et presque exclusivement dans la « mythologie jazzique » importée à Brest par les américains de « Ponta » (1917-1919). J’attendais plus… sur l’hôpital, la réception des chaînes de bagnards, les internés civils et militaires de la Révolution et de l’Empire... Aussi aujourd’hui, un petit billet pour vous faire découvrir un chapitre sur Pontanézen et son bagne entré dans l’épopée nationale allemande, à l’image de Siegfried et de ses Nibelungen, pour avoir accueilli, en 1810-1811, les « héroïques » rescapés des « bandes de Schill et Oels » en lutte contre « l’ogre impérial ».

Der Beitrag dieses Blogs betrifft die Soldaten des Freikorps Schill und den Herzog von Braunschweig die im Zuchthaus von Brest (Finistère, Bretagne, Frankreich) von April 1810 bis Oktober 1811 gefangen gehalten wurden.
« Les bandes de Schill et Oels » : une épopée entrée très tôt dans la légende nationale allemande

« Bande de Schill » - Je vais tenter en quelques mots de rapporter l’aventure de Schill et de ses soldats. Il existe toute une littérature sur le sujet. En raccourci, je vous propose cette synthèse sur Ferdinand Baptista Von Schill (1776-1809). Pour plus d’informations en français vous pouvez vous diriger vers Wikiwiki.

Schill était un officier prussien qui n’accepta pas – à la différence de son roi – de s’incliner devant l’occupation française de l’Allemagne. Il leva en 1809 un corps-franc mixte (infanterie et cavalerie) de plusieurs milliers d’hommes (voir les Mémoires de Bourienne). Il fut considéré par les Français et leurs alliés, à l’instar d’Andréas Hofer au Tyrol, comme un chef de pillards. Il engagea en avril-mai 1809 une lutte désespérée contre les troupes françaises, westphaliennes, hollandaises et danoises coalisées. Il fut vaincu et trouva la mort au combat. Considérés comme des traitres, par le roi de Prusse qui ne voulait pas compromettre sa Paix avec Napoléon (1807-1813), les officiers survivants de Schill furent déclarés « traitres à la patrie prussienne », dégradés et onze d’entre eux furent fusillés à Wesel en septembre 1809. Le reliquat de la troupe défaite fut envoyée en France : dans les bagnes de Sedan, Longwy, Toulon, Cherbourg et Brest.

A l’instar de Schill, l’histoire de la campagne militaire de 1809 en Allemagne du nord, mit en avant d’autres « chefs de bande » ou catalogués comme tels par Napoléon Bonaparte et sa police ; mais ce furent des chefs de bandes de haut lignage, comme le comte de Salm, le duc de Brunswick-Oëls, etc. Nous retrouverons ainsi à Pontanézen une vingtaine de membres de cette fameuse « bande d’Oëls ».

« Bande d’Oëls » - dont le « chef », pour la police de Fouché, n’est autre que Frédéric Guillaume de Brunswick Wolfenbüttel (1771-1815), duc de Brunswick-Oëls, appelé aussi le « Duc Noir » en raison de son uniforme noir ; il portait le deuil de l’indépendance prussienne. Dépossédé de son duché au profit de Jérôme Bonaparte, nouveau roi de Westphalie, il rejoignit en avril 1809 le service autrichien. Après Wagram, il se réfugia en Allemagne du nord, embarqua sur des navires américains et s’attacha avec sa troupe au service de l’Angleterre. Sa légion noire : « Schwarze Schar » devint au service britannique, les « Chasseurs de Brunswick-Lunebourg » et combattit sous les ordres de Wellington, en Espagne et au Portugal (1810-1812). En 1813, la Prusse après la campagne de Russie abandonna l’alliance française ; les « Brunswickers » revinrent alors au service prussien. Le Duc Noir trouva la mort lors de la bataille des Quatre-Bras et/où à Waterloo (15 ou 18 juin 1815).

Les «bandes » au bagne de Brest et à Pontanézen

Après l’écrasement des bandes séditieuses et la mort de Schill, le 31 mai 1809, Napoléon décida d’expédier en France les survivants des corps-francs. Le 2 août 1809 un décret impérial ordonna l’envoi au bagne de Toulon de 36 soldats de la bande de Schill « pris les armes à la main » ; le 23 août, un deuxième décret prescrivit l’envoi de 289 soldats au même bagne. Le 30 novembre 1809, 224 « Schill et Oels» furent regroupés à Mayence ; le bagne de Toulon étant plein, un décret impérial daté de Trianon du 22 décembre 1809 prescrivit l’envoi de 100 d’entre eux au bagne de Brest.

A partir du registre matricule du bagne l’on sait qu’en définitive Brest reçut : 85 « Schill », 22 « Oels » et une vingtaine d’autres soldats (déserteurs autrichiens, prussiens, etc.) concernés par le décret spécial du 22 décembre 1809. Les premiers arrivèrent à Brest le 2 avril 1810 (30), puis le 8 avril (24), le 9 juin (33), etc. pour un total de 127 sous-officiers et soldats. Ils furent installés à Pontanézen qui fut jusqu’en 1823, le centre d’accueil des chaines de bagnards du bagne de Brest ; mais qui servit également de prison, de lieu d’internement pour les civils britanniques, de caserne, d’hôpital, etc.

A Pontanézen les « Schill » bénéficièrent d’un régime spécial. Bien que ferrés, ils ne furent ni accouplés ni mélangés avec le reste de la chiourme. Ils reçurent – pour faciliter la surveillance – la tenue attachée aux bagnards militaires français, la plupart déserteurs : bonnet et casaque de couleur brune. Le Général P. Berthezène (1775-1847) qui les a vus à Brest en 1810, précisa dans ses « Souvenirs militaires » (2007) : « on avait construit pour eux, hors de la ville, de grandes baraques en bois ; ils y étaient logés sainement, bien vêtus et bien nourris ». Tous les bagnards militaires des « bandes de Schill et Oels » furent libérés le 29 octobre 1811 à l’exception de trois qui décédèrent dans l’intervalle. Ils furent presque aussitôt remplacés à Pontanézen et sur le bagne flottant « Marengo » par des « miquelets » espagnols de Figuières révoltés contre la présence française en Espagne.

Les bâtiments "caserne-hôpital" de Brest-Pontanézen (CPA vers 1910)

Les bâtiments "caserne-hôpital" de Brest-Pontanézen (CPA vers 1910)

Répertoire des « bagnards » brestois des « bandes de Schill et Oels » (classement par ordre d’immatriculation) :

Johan Ritter (+), soldat, corps franc du comte de Salm ; matricule 8156, du 2 avril 1810 au 23 mars 1811, date de son décès à Pontanézen (Lambézellec, Finistère) – Christian Loudwig, soldat, régiment d’infanterie de Schill ; 8157, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 (libération) – Frantz Helbertz [Elbers], soldat, Schill ; 8158, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Adam, soldat, Schill ; 8159, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Gottfried Hierauno [Grunow], soldat, régiment du Prince héréditaire de Mecklembourg ; 8160, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Frederic Bornefeld, [Schultz], musicien, Schill ; 8161, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Bartholoméus Braun, ?, [bande de Schill] ; 8162, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Andréas Freider, [Froëder], soldat, Schill ; 8163, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Helleroth, soldat, Schill ; 8164, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan ou Joachim Koupatz, [Kupatz] soldat ?, Schill ? ; 8165, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Ludwig Erford, [Erfort], soldat, Schill, 8166, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Joseph Blaneck (+), soldat?, Schill ?, 8167, du 2 avril 1810 au 14 avril 1810 (décédé à Pontanézen) – Heinrich Welker, soldat, Schill, 8168, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Joachim Ludrevan, [Loedezwaldt], maréchal des logis, hussard, Schill, 8169, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Heuzell, [Ginzel], houlan [uhlan], Schill ; 8170, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Jacob Kindlin, [Kindlein], soldat, Schill ; 8171, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Heichmann [Eichmann], soldat, Schill ; 8172, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Andréas Dennicke, Pionnier, Schill ; 8173, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Mayer, [Meyer], hussard, Schill ; 8174, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Schoubeck [Schumbeck], soldat, Schill, 8175, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Frédéric Datienne, [Datge], soldat, Schill ; 8176, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Frédéric Rounguer, [Runger], soldat, Schill, 8177, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Christian Meutzel, [Menzel], soldat, Schill, 8178, du 2 avril au 29 octobre 1811 – Frédéric Fertsky, [Veltzky], hussard, Schill, 8179, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – André Johan, soldat, Schill, 8180, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Henri Goint, [Kuandt], brigadier hussards, Schill, 8181, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Jean-Guillaume Diederich, [Johan-Diedérich Goëring], soldat, Schill, 8182, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – André Koeneck, [Kennecke], soldat, Schill, 8183, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Henri Schneider, ?, Schill, 8184, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Henri Sahlmuller, ?, Schill, 8185, du 2 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Stéphan William [Wille], soldat, Schill, 8187, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Carl Kramer, hussard, Schill, 8188, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Carl Fischer, soldat, Schill, 8189, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Jean Scholz, 8190, noté « resté malade à Reims » - Christian Heitenrich, soldat, Schill, 8191, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Leonhard Schmidt, soldat, Schill, 8192, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Heimrich Wartenberg, soldat, Schill, 8193, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Keller, hussard, Schill, 8194, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Heinrich Mallerm, soldat, Schill, 8195, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Vinandus Pontz ou Putz, soldat, Schill, 8196, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Gurrh « s’écrivant Gurcke », canonnier, Schill, 8197, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan-Christophe Fick, soldat, Schill, 8198, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Ditz (+), 8199, « resté malade à Alençon où il est mort à l’hôpital le 28 mars 1810 » - Friedrich Schouff, [Schoft], soldat, Schill, 8200, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – André Foss, [Voss], soldat, Schill, 8201, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Damka, [Duncker], canonnier, Schill, 8202, « resté malade à Alençon, admis au bagne de Brest, remis à Pontanézen le 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Gottlieb Bock, domestique d’un officier, Schill, 8203, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Friedrich, domestique de Schill, 8204, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Joachim Stein, soldat, Schill, 8205, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Gottfried Ziemon, soldat, Schill, « resté malade à Alençon, remis à Pontanézen le 21 mai 1810 », 8206, libéré le 29 octobre 1811 – Koudach Drachem, soldat, Schill, 8207, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Kroëger, tambour, Schill, 8208, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Friedrich Ginz, soldat, Schill, 8209, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Martin Voy, soldat, Schill, 8210, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Georges Bartnitz, houlan [uhlan], Schill, 8211, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Frédéric Zarnaky, tailleur d’habits, Schill, 8212, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Heinrich Lukas, ?, Schill ?, 8213, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Joseph Sterba, soldat, Schill, 8214, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Nicolas Simon « dont le nom patronymique est Dumont », sergent, Schill, 8215, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan-Friedrich Seefeld, hussard, Schill, 8216, du 8 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Jean Schulz, soldat, Brunswick-Oels, 8217, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Carl Bock, 8218, « resté malade à l’hôpital de Beauvais le 27 mars 1810 et admis au bagne de Cherbourg le 3 août de la même année » - Charles Schmidt, soldat, Brunswick-Oels, 8219, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Wilhelm Schoenberg, 8220, « resté malade à Alençon » - Charles Senger, soldat, Brunswick-Oels, 8221, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Henry Schmidt, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8222, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Schumann, soldat, Brunswick-Oels, « resté malade à Mortagne », 8223, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Théophile Weikert, soldat, Brunswick-Oels, 8224, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Charles Kempe, soldat, Brunswick-Oels, 8225, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Joseph Hupert, soldat, Brunswick-Oels, 8226, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Wilhelm Kleiner, soldat, Brunswick-Oels, 8227, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Maurice Impré, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8228, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Frédéric Kulman, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8229, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Christen, hussard, Brunswick-Oels, 8230, du 30 avril 1810 au 29 octobre 1811 – Louis Bfond, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8231, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Henri Schwartzhelm, canonnier, Brunswick-Oels, 8232, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Charles Helbig, caporal, Brunswick-Oels, 8233, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811 – Wilhelm Regeler, canonnier, Brunswick-Oels, 8234, du 21 mai 1810 au 29 octobre 1811, ou 9 juin 1811 (apostille) – Weutzel Scholz, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8235, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Kruger, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8238, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Henri Neumann, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8239, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Zorn, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8240, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Bauer, hussard, Schill, 8241, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Louis Schumann, hussard, Schill, 8242, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Hepner, hussard, Schill, 8243, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Friedrich Scheimer, hussard, Schill, 8244, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Mach, hussard, Schill, 8245, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Daniel Kehler, hussard, Schill, 8246, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Onverzagt, hussard, Schill, 8247, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Schischka, hussard, Schill, 8248, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan-Friedrich Schleider, hussard, Schill, 8249, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Charles Kuntz, chasseur à cheval, Schill, 8250, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – André Heberlein, soldat, Schill, 8251, du 9 juillet 1810 au 29 octobre 1811 ; Christian Brier, soldat, Schill, 8252, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Buse, soldat, Schill, 8253, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Loskowsky, déserteur autrichien, Schill ?, 8254, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Amelianow (déserteur autrichien), Schill ?, 8255, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – François Faret, (déserteur autrichien), Schill ?, 8256, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Jean Guillaume (déserteur autrichien), 8257, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Gérard Gams, chasseur à pied, Schill, 8258, « resté malade à Evreux », du 31 décembre 1810 au 29 octobre 1811 – Johan-Christophe Ahlles, employé aux vivres, Schill, 8259, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Krause, 8260, « resté malade à Rennes » - Georges Salfich, chasseur à pied, Schill, 8261, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Geilvitz, soldat, Schill, 8262, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Christian Benatus, déserteur autrichien, « n’a pas fait partie du corps de Schill », 8263, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Schmidt, déserteur prussien, 8264, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Paul-Jacob Hornemann, domestique d’un officier, Schill, 8265, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Heinrich Heintz, chasseur à pied, Schill, 8266, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811- Ignatz Ottmann, soldat, service d’Autriche, Schill ?, 8267, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Gottlieb Moerschke, chasseur à pied, Schill, 8268, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Friedrich-Auguste Leppedy, soldat, Schill, 8269, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 ; Christian Walburg, soldat, Schill, 8270, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Heinrich Trosin, chasseur à pied, Schill, 8271, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Friedrich Emmanuel Wiedfeld, « ne faisant pas partie de la bande de Schill », 8272, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Charles-Friedrich Kuhne, soldat, Schill, 8273, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Antoine Fadell, déserteur autrichien, 8274, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Joachim Bauermeister, hulan, Schill, 8275, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Conrad Sander, chasseur à pied, Schill, 8276, du 9 juillet 1810 au 29 octobre 1811 – Johan Wilhelm Lutz, chasseur à pied, Schill, 8277, du 9 juillet 1810 au 29 octobre 1811 – Henry Rose, chasseur à pied, Schill, 8278, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Friedrich Buchheim, chasseur à pied, Schill, 8279, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Auguste Hertz, chasseur à pied, Schill, 8280, du 9 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Heinrich-Ernest Boerecke, chasseur à pied, Schill, 8281, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Wilhelm Witlowsky, soldat, Schill, 8282, du 29 juin 1810 au 29 octobre 1811 – Frédéric Koppen, soldat, Schill, 8284, du 9 juillet 1810 au 29 octobre 1811 – Gottfried Kopisch, chasseur à pied, Brunswick-Oels, 8286, du 9 août 1810 au 29 octobre 1811 – Auguste Berl, fourrier, Brunswick-Oels, 8289, du 29 août 1810 au 29 octobre 1811.

Zusätzliche Informationen betreffend die Beschreibungen der « Soldaten-Sträflinge » findet man im Zuchthausregister von Brest (Register Nr 2 O 23) : Name, Vorname, Eltern, Kennummer,Rang, Geburtsort, Alter, Beruf, Größe, Haar- Bart- Augenbrauen und Augen Farbe, Gesichts- Kinn- Mund und Stirn Form. Besondere Merkmale : Tätowierungen, Narben, Ohrringe, u.s.w. – Verschiedene Vermerke : Ausbrüche, Krankheiten, Entlassungen,u.s.w.

Diese zusätzliche Informationen über die « Soldaten-Sträflinge » können an folgender Anschrifft erfragt werden : Monsieur le Conservateur, Service Historique de la Défense, 4 rue du Commandant Malbert, F29240 Brest cedex 9. Geben Sie in Ihrem Schreiben den Namen und dir Kennummer des Soldaten an.

En 1813, au retour de la Prusse dans la nouvelle coalition contre Napoléon, Schill le « traitre » devenait un héros populaire ; il était celui qui s’était levé en Prusse contre l’envahisseur français. La légende naquit et se développa (littérature, poésie, statues) ; elle resta vivace tout au long du XIXe siècle portée par le sentiment national allemand naissant. Pendant la Seconde guerre mondiale, l’image idéalisée de Schill, figure vivace de héros et de martyr retrouva ses attributs guerriers, sous la forme d’un « SS-Kampfgruppe » (1944), moderne corps-franc puis d’un « SS-Freiwilligen Grenadier Regiment 86 » (1945), mobilisés face à l’envahisseur russe.

Sources : SHD Marine, Brest, 2A 56 et 58, 1809 – Matricules du bagne 2O 23. Mémoires et souvenirs militaires de Bourienne, Berthezène, Jérôme Bonaparte, etc. - Sur le Bagne de Brest : Ph. Henwood, Bagnards à Brest, Ouest-France, 1986 et Collectif, l’Arsenal de Brest, Palantines, 2013.

Commenter cet article

Urgo 18/05/2016 19:58

Et maintenant, Pontanézen, c'est encore une autre histoire ! Bien qu'habitant très loin de Brest, je dirais presque aux antipodes, je m'intéresse tout de même à la vie brestoise. Ce quartier a acquis une mauvaise réputation. Il parait même, qu'il y a un "imam", qui dit aux gosses, qu'en écoutant de la musique, ils se transformeront en porc. Le tizef n'est plus ce qu'il était !!!