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LA PLUME ROUGE : JUSTICE MILITAIRE AU CONQUET AU XVIIIe SIECLE

Publié le par OLIER LE BRIS

 

EXECUTIONS CAPITALES AU CONQUET EN 1756

Certains lecteurs se sont étonnés de lire dans le roman La Plume Rouge la relation d’exécutions capitales au Conquet. Ils l’ont mis sur le compte de la fiction romanesque et de mon imagination débordante… Que nenni ! Le Conquet a bien été le théâtre d’une série d’exécutions de soldats du régiment de Brie-infanterie durant la Guerre de Sept ans.

Il y a un peu de plus de vingt ans, j’en avais fait état dans un article publié dans le très sérieux bulletin de la Société archéologique du Finistère intitulé : « Le Conquet, garnison du bout du monde. La vie militaire au Conquet au XVIIIe siècle » (BSAF, 1986, CXV, pp. 287-314). C’est aujourd’hui l’occasion de reprendre ces notes et de les proposer dans ce billet.

Dans Aspects de la vie quotidienne des soldats au Conquet (p. 313), voici ce que j’en disais : « Au Conquet, les journées sont longues et monotones ; le service aux corps de garde et aux batteries n’absorbe pas suffisamment les soldats. La proximité de la mer tente les hommes peu enclins à subir la stricte discipline militaire du XVIIIe siècle. Les désertions sont nombreuses, échafaudées dans les recoins des auberges du port. Les Archives départementales d’Ille-et-Vilaine détiennent les minutes de quinze affaires de soldats déserteurs du régiment de Brie jugés au Conquet en 1756 (165). Parmi les jugements exécutés, celui d’un Breton : « Claude Augur, dit la Force, soldat de la compagnie de Beauchamp, fils de Jean et de Jeanne Breton, natif de la paroisse de Plouguerneau en Basse Bretagne, évêché de Saint-Pol-de-Léon, juridiction de Lesneven, âgé de 23 ans, taille de 5 pieds 1 pouce, 6 lignes, cheveux châtains avancés sur le front, sourcils châtains, les yeux gris, le nez gros par le bout avec des marques de petite vérole à la joue droite, maréchal de sa profession. Jugement exécuté le 30 août 1756 à deux heures après midy ». Les condamnés sont passés par les armes devant le front des troupes et enterrés au cimetière de Lochrist (166) ».

Dans mon roman, j'ai choisi de les faire passer par les armes à côté du corps de garde de Sainte-Barbe, face à la mer, sur des parcelles dénommées « Parc an exercis » au cadastre de 1842, à proximité de la prison militaire située dans le colombier de la famille Du Halgouët. Ainsi va la construction romanesque.

Notes de l'article BSAF :

(165) – Arch. Dép. Ille-et-Vilaine, C 1100.

(166) – Inhumation, le 30 août 1756, de Claude Auger (sic), originaire de la paroisse de Plouguerneau, et de Louis Boulerme, dit Picard, originaire de Montbrain en Picardie, « soldats passés par les armes le même jour que devant en présence des soussignants, les deux soldats de la compagnie de M. de Beauchamp, régiment de Brie » (Arch. Mun. Le Conquet, registres paroissiaux). De même, acte d’inhumation, du 9 septembre 1756, de Raymond Pennot, « après avoir tiré aux armes », etc.

 

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