Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

LA PLUME ROUGE ET LES ROMANS HISTORIQUES SUR BREST AU XVIIIe SIECLE

Publié le par François OLIER

LA PLUME ROUGE ET LES ROMANS HISTORIQUES SUR BREST AU XVIIIe SIECLE : J. BLUTEAU, DE CUIVRE ET DE LAVANDE

 

     Ce petit billet pour vous faire découvrir les romans historiques qui ont pour toile de fond le « Brest du XVIIIe siècle » à l’instar de la Plume Rouge. Ils sont peu nombreux et méconnus si l’on excepte le mythique Ancre de Miséricorde de Pierre Mac Orlan (Emile-Paul, 1941) qui fut adapté à la télévision à deux reprises (1959, 1977). Aussi je ne traiterai pas de son histoire qui a dépassé les frontières brestoises de l’intra-muros aujourd’hui disparu. Je vais vous faire découvrir un autre roman historique sur le XVIIIe brestois, celui de l’univers de Françoise Omnès, la jeune héroïne de Jeanne Bluteau (1916-2001), dans De Cuivre et de lavande, Brest au XVIIIe siècle (Regain, 1955). Un roman, qui bien qu’ayant fait l’objet de plusieurs éditions (Seghers, 1957 ; Le Signor, 1959) puis d’une publication sous un autre titre Les Amants de Brest (Seghers, 1959) est quasi absent des bibliographies brestoises. Il en est de même de Comme une pierre dans un mur (Gérard et Cie, Viviers-Belgique, 1957) lequel a fait l’objet d’une édition publiée sous le titre Quand cesse d’y battre la mer (Serge Godin, Paris, 1981) qui est – sans l’annoncer - la suite De cuivre et de lavande. Dans cette « suite » Jeanne Bluteau nous propose de nouvelles aventures romanesques de Geneviève Le Meur, la fille de son héroïne Françoise Omnès, qui se déroulent de Brest à Loctudy à l'époque de la Révolution.

L’auteur

Née le 3 mars 1916 dans une famille de marins d'Audierne, elle devient institutrice à Brest puis est mutée en 1937 à Mousterlin dans le sud Finistère. Elle quitte la Bretagne, de 1953 à 1966, pour suivre son époux et exercer à Rouen ou encore à Boulogne-sur-Mer ; elle achève sa carrière à Lannion en tant que professeur de lettres. Elle se retire à Loctudy où elle décède le 14 avril 2001. Parallèlement à sa carrière professionnelle, Jeanne Bluteau, à partir des années 1950, publie des poèmes, des romans historiques ou autobiographiques, et quelques études biographiques. Elle participe, en 1978, à la création de l'Association des écrivains bretons, sous l'égide de Yann Brekilien (Source Wikipédia).

L’histoire

Je préfère laisser à Jeanne Bluteau la présentation du roman historique que l’on ne trouve pas en 4e de couverture De cuivre et de lavande ; Il faut, pour en connaître le résumé, se laisser porter par la narration de Geneviève, la fille de l’héroïne, au chapitre 1er de Comme une pierre dans un mur (1957) dont il est possible de lire un extrait dans Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France :

« Je suis venue au monde le 17 mars 1773 à Recouvrance, sur la rive droite de la Penfeld. Ma mère, de son nom de jeune fille Françoise Omnès, avait quelque peu fait parler d’elle à Brest du temps où elle habitait chez son père, rue des Sept-Saints. Elle avait aimé, à seize ans, un gentilhomme écossais, Alexandre Gordon qui fut décapité comme espion sur la place Médisance, en novembre 1769. En quelle occasion cette jeune fille de basse condition avait-elle pu approcher le jeune et brillant étranger que les meilleures familles de Brest recevaient avec empressement ? C'est que ma mère avait été chambrière chez madame de Maupertuis, chanoinesse au Petit-Couvent et de mademoiselle de Kersauzon, sa nièce. Or monsieur de Kersauzon, frère de cette dernière et monsieur Doyennard, alors gardes de marine, s’étaient engoués, avec la confiance imprudente de la jeunesse, du séduisant espion. Comment Françoise Omnès avait aimé et finalement trahi son bien-aimé Gordon, ce serait une trop longue histoire à vous conter et, pour l’instant, je m’en tiendrai à la mienne (…) »

Jeanne Bluteau s’est largement inspirée de l’histoire du gentilhomme écossais Alexandre Gordon relatée par Prosper Levot dans un article publié dans le bulletin de la Société académique de Brest, 1858-1860, t. 1, p. 295-360 intitulé : « Procès d’Alexandre Gordon, espion anglais, décapité à Brest en 1769 ».

 

Le sommaire du roman :

1 – Françoise au Petit Couvent

2 – Le mystérieux étranger

3 – Monsieur Gordon de Wardhouse

4 – Françoise et Mademoiselle de Kersauzon

5 – Gordon dans la maison de la rue des Sept Saints

6 – Le piège

7 – L’automne

8 – L’exécution

Cette découverte menée à terme, Il n’en demeure pas moins que la description du « Vieux Brest », enserré dans ses remparts et aujourd’hui disparu, qui est proposée par Jeanne Bluteau est de loin plus authentique que celle proposée par Pierre Mac Orlan. L’histoire – un vrai « filon » romanesque pour l’auteur - bien que d’une écriture datée, mérite d’être redécouverte par les Brestois, ne serait-ce que pour la balade dans le Brest intra-muros d’avant-guerre. Les lecteurs attentifs – très attentifs - de la Plume rouge noteront la mention (p. 66) du passage au Conquet en 1756 de Le Monnier, alors « mouche » du prévôt de la marine, devenu en 1769 dans le roman de J. Bluteau, « exempt » de police et parrain de Françoise Omnès. Et je ne parlerai pas des mentions sans nombre, à la famille « De Kersauzon » dans tous les romans du XVIIIe brestois ; ce qui ne fait que vérifier le dicton breton cité par Jeanne Bluteau :

« Frappez un buisson

Il en sortira un Kersauzon ».

Ainsi va la construction romanesque.

A bientôt.

 

Commenter cet article