Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

CHARLES FRANCOIS PICHOT DE KERDIZIEN, MAITRE ESPION

Publié par François OLIER

 

Charles François Pichot sieur de Kerdizien (1725-1784), « Informateur » secret, à Québec, du ministre de la marine (1759)

est l’un des protagonistes du « Traître de Québec », roman historique, d’Olier Le Bris, Brest 2022, 15x25, 450 p.

 

Il y a quelques années dépouillant à Brest la correspondance de l’intendant de la Marine au port de Brest, Gilles Hocquart (1694-1783), j’avais noté quelques brèves informations sur un drôle de personnage, un écrivain de la marine, faisant fonction de commissaire, du nom de Pichot de Kerdizien. Ce dernier, informait secrètement le ministre de la Marine, via Hocquart, des démêlés du gouverneur de Louisbourg, le "chevalier de Drucourt" (1703-1762), avec ses subordonnés. Il notait, en particulier, les informations non mentionnées sur les procès-verbaux des Conseils de guerre qui conduisirent à la capitulation, le 27 juillet 1758, sous la pression des "habitants", de la forteresse de Louisbourg.

Mais revenons à notre Pichot de Kerdizien et à l’année 1759 à Québec.

Je crois qu’il est probable que c’est à la longue expérience de ce Pichot comme « mouchard » du ministre de la marine et le fait qu’il était connu de Gilles Hocquart, ancien intendant de Nouvelle-France (1729-1749), alors à Brest, où Pichot servait comme « chef de bureau » à l’Intendance du port qui déterminèrent le ministre de la marine Nicolas Berryer (1703-1762) – lui-même ancien lieutenant général de police de Paris, maître ès-mouchards –, à envoyer Pichot de Kerdizien à Québec, en mai 1759, pour surveiller l’intendant François Bigot, soupçonné de malversations, etc.

Je n’ai rien à ajouter ici concernant son séjour ni sur la mission d’espionnage de Bigot, connue des historiens canadiens, au travers de l’article synthèse de Michel Roberge, dans le Dictionnaire biographique du Canada, en ligne (DBC).

Comme je l’ai dit, je n’ai rien à ajouter concernant ses aventures en Nouvelle-France, hormis le fait que je me suis « minutieusement » inspiré de son personnage dans les développements fictionnels de mon roman. Aujourd’hui, je me propose de rectifier la fiche du Dictionnaire biographique du Canada, en faisant connaître sa date de naissance.

Charles François Pichot sieur de Kerdizien n’est pas né « aux environs de Brest, en 1724 » comme il est dit dans le DBC. Il est né et baptisé dans la paroisse Saint-Louis de Brest, le 3 octobre 1725, fils d’un second lit de Guillaume Pichot (v. 1661-1759), qui eut 21 enfants – connus... – de ses deux épouses : Louise de Renevaux (1686-1724) et Françoise Gommery (v. 1695-1755).

Comme je ne suis pas généalogiste, mais que je connais la passion nationale des Québécois pour cette science auxiliaire de l'Histoire, je n’apporterai aujourd’hui que cette petite pierre à la recherche sur ce personnage étonnant qui m’a beaucoup inspiré dans mon roman « Le Traitre de Québec ».

Amis québécois, information à partager.

 

Sources : Arch. Mun. Brest, registres paroissiaux en ligne, GG70, par. Saint-Louis, B, 1725, fol. 74v, vue@ 74 - Remerciements à Mad. Danguy des Déserts et à l’association « Ar Faou », dont le bulletin n°3-2001, pp. 34-36 et le n° spécial sur l’inventaire du manoir du Cranou, 30 p. traitent de la famille de Kerdizien.

L'acte de baptème de Charles François Pichot de Kerdizien (1725-1784), né et baptisé dans la paroisse Saint-Louis de Brest, en 1725