Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

ANSE LE BRETON, A BREST

Publié par Sean O'Reil

ANSE LE BRETON

Située sur la rive gauche de la Penfeld, « l’anse Le Breton » appelée aussi au XVIIIe siècle «anse de Chailou ou de Chaillon» est aujourd’hui comblée et inaccessible au public. Le nom sous lequel elle est connue de nos jours lui vient d’un sieur Le Breton, chirurgien de marine, propriétaire à Kergoat. Cette anse se situe au niveau de la rue de l’anse Saupin (atelier des espaces verts de Brest-Métropole), en face de l’entrée de la Promenade Châteaubriand et s’enfonce dans un no man’s land, aujourd’hui interdit d’accès, bordé par les hauteurs de Kergoat et du Bouguen. L’on distingue en vis-à-vis de l’anse le Breton, sur la rive droite, les ruines de la maison dite « du corsaire ».

A l’origine, faisait fonction de débarcadère sur la Penfeld pour le hameau de Kergoat qui était desservi par une « voie publique rurale » inscrite au cadastre qui descendait des « hauteurs de Kergouët » et reliait le bord de Penfeld au bourg de Lambézellec. A la fin du XVIIIe siècle, l’anse abritait les bois de construction de la Marine qui y étaient immergés. Elle se trouvait bornée au sud par le « redent » de la gauche de la fortification du Bouguen et en amont de la Penfeld (depuis 1755) par le magasin des mâts de l’anse de la chapelle-Jésus. En 1809-1812, lors de la construction du chemin de halage un empierrement fut réalisé en bord de Penfeld pour permettre le franchissement de l’anse à pied sec. Le comblement de l’anse intervînt en 1822 en raison des difficultés de la Marine à trouver des terrains disponibles pour recevoir les déblais des excavations de Quéliverzan et du Salou. Le comblement de l’anse Le Breton marqua une nouvelle étape de l’aménagement de la Penfeld, après la création de l’île factice (dernier rehaussement en 1821). Cette opération de comblement (estimée par les Travaux Maritimes à 10 000 mètres cubes) finalisait le chemin de halage, voulu par le préfet Caffarelli, qui permettait à la Marine, en plus du halage des barges et chalands, la communication avec l’île Factice et la digue ainsi que l’acheminement de l’eau de l’anse Saupin à Brest par des conduites enterrées.

L’anse Le Breton continua après 1822 à accueillir les bois de la Marine, posés au sec sur cette esplanade surmontée d’un « cavalier de déblais » de 4 à 5 mètres de hauteur que le Génie militaire (département de la Guerre), en charge des fortifications de Brest, fit araser dans les années 1860. A l'issue de l'arasement La Marine réinstalla son « dépôt de bois » recouvert de « toitures de toiles peintes ».

L’anse non comblée est visible sur le plan-relief de Brest qui date de 1807-1811.

édition du 28 novembre 2016